• Parce que je le vaux bien !

    Partout dans nos rues, notre métro, nos commerces, dans le moindre petit recoin des lieux de notre circulation urbaine, dans nos journaux, notre TV, nos magasines, les mêmes affiches qui nous jettent à la figure la Beauté comme une évidence à laquelle on ne pourrait pas se soustraire. Ainsi se glisse insidieusement en nous cette unique règle, ce but à atteindre sous peine de n'être qu'un débris dans la société des hommes.

    Mais alors, en réalité, quelle liberté nous reste-t-il ?

    -         tu nais beau et il te faut vite en profiter avant que le flétrissement ne te gagne ;

    -         tu nais quelconque et tu es condamné à singer de façon pathétique les beaux, à chasser la ridule, à combattre la cellulite, à rectifier chirurgicalement tout ce qui est singulier en toi et surtout à vivre dans le complexe perpétuel de tes défauts de naissance ;

    -         tu nais moche et tu deviens tout juste bon à regarder les autres passer en t'excusant de ne pas être dans la norme.

    De plus en plus, partout, se glisse une loi non dite : « pour être bon, il faut être beau » il n'y qu'à voir les journalistes, les acteurs, les mannequins dans les pub............. On voudrait nous faire croire que sans beauté il n'y a pas de bonheur. Les médias nous renvoient une image qui n'est pas nous et nous condamnent à la frustration.

    Mais est ce que cessera un jour cette tyrannie quotidienne, avec ses hordes de clones liftés, ses ayatollahs de bon goût, ses papesses du savoir plaire ?

    Tout cela ne m'inspire que dégoût et tristesse !

     

    « Je vous envoie un bouquet que main
    Vient de trier de ces fleurs épanies ;
    Qui ne les eût à ce vêpre cueillies,
    Chutes à terre elles fussent demain.

    Cela vous soit un exemple certain
    Que vos beautés, bien qu'elles soient fleuries,
    En peu de temps cherront, toutes flétries,
    Et, comme fleurs, périront tout soudain.

    Le temps s'en va, le temps s'en va, ma dame
    Las ! le temps, non, mais nous nous en allons,
    Et tôt serons étendus sous la lame ;

    Et des amours desquelles nous parlons,
    Quand serons morts, n'en sera plus nouvelle.
    Pour c'aimez-moi cependant qu'êtes belle. »

     

    (Pierre Ronsard 1524-1585) 


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